Choisir son locataire sans se tromper

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Choisir son locataire sans se tromper

Choisir le mauvais locataire est l’une des erreurs les plus coûteuses en immobilier locatif. Une bonne sélection prend quelques heures. Un mauvais locataire peut générer des mois de procédures, de stress, de pertes de loyer et de frais de remise en état. Au Québec, le dépôt de garantie est interdit par l’article 1904 du Code civil. Votre seule vraie protection, c’est la rigueur de votre processus de sélection.

Ce que vous avez le droit de demander

La sélection locative est encadrée par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Vous pouvez exiger des informations directement liées à la capacité du candidat à respecter ses obligations locatives : une pièce d’identité valide, une preuve de revenus (talons de paie des deux derniers mois, lettre d’emploi, ou avis de cotisation pour les travailleurs autonomes), des références d’anciens propriétaires et une autorisation écrite pour vérifier son dossier de crédit.

Ce que vous ne pouvez pas faire

Vous ne pouvez pas refuser un candidat en raison de son origine ethnique, de sa situation familiale, de son sexe, de son état civil, de son handicap, de sa religion, de son orientation sexuelle ou parce qu’il reçoit des prestations sociales ou de l’aide au logement. Ces motifs sont discriminatoires au sens de la Charte et peuvent mener à une plainte formelle à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Basez votre décision exclusivement sur des critères financiers et locatifs objectifs et documentez votre processus.

Les trois vérifications à faire systématiquement

1. L’enquête de crédit

C’est votre premier filtre objectif. Vous devez obtenir le consentement écrit du candidat avant de procéder, ce qui en soi est un signal : un candidat sérieux accepte sans hésitation. Utilisez un service comme Equifax, TransUnion ou une plateforme de vérification locative spécialisée. Ce que vous cherchez : un score dans une plage raisonnable (généralement au-dessus de 650), l’absence de faillite récente, et surtout l’absence de retards de paiement répétés sur les dernières années. Un profil avec des retards répétés, même sur de petits montants, prédit souvent le même comportement avec votre loyer. Un candidat qui refuse la vérification de crédit sans explication valable est un signal d’alarme en lui-même.

2. Les références locatives

Appelez systématiquement les deux derniers propriétaires, pas seulement le plus récent. Le dernier propriétaire a parfois intérêt à vous donner une bonne référence pour se débarrasser d’un locataire difficile. L’avant-dernier est généralement plus objectif. Posez des questions directes et fermées : payait-il le loyer à la date prévue chaque mois ? A-t-il laissé le logement dans le même état qu’à l’entrée ? Y a-t-il eu des plaintes de voisins ou des conflits ? Avez-vous dû envoyer une mise en demeure ou faire appel au TAL ? Le reloueriez-vous sans hésitation ?

Un propriétaire qui répond vaguement, qui cherche ses mots, qui dit uniquement du bien en quelques secondes sans détails, ou qui se montre enthousiaste de façon forcée vous en dit souvent plus que ses paroles. Méfiez-vous aussi d’un candidat qui ne peut pas fournir deux références locatives récentes.

3. La capacité financière

Le standard généralement utilisé en gestion locative : le loyer ne devrait pas dépasser 30 à 35 % des revenus bruts mensuels du locataire. Pour un logement à 1 400 dollars par mois, le locataire devrait donc avoir des revenus bruts d’au moins 4 000 à 4 700 dollars par mois. En dessous de ce seuil, le risque de retards ou d’impayés augmente significativement lors d’un imprévu (maladie, perte d’emploi, dépense imprévue). Le Simulateur solvabilité locataire calcule automatiquement ce ratio à partir des informations fournies par le candidat.

Pour les travailleurs autonomes, les revenus peuvent être variables d’une année à l’autre. Demandez les deux derniers avis de cotisation de l’Agence du revenu du Canada, qui reflètent le revenu net réel. Une déclaration verbale ou un contrat n’est pas suffisant.

Comparer les candidats et prendre la décision

Si vous avez plusieurs candidats, utilisez la même grille d’évaluation pour chacun. C’est plus juste, plus efficace et cela vous protège en cas de contestation. La Checklist sélection locataire conforme vous guide à travers les critères légaux et pratiques dans le bon ordre.

Fiez-vous aux données, pas à l’instinct. Le candidat le plus agréable en visite n’est pas toujours le meilleur payeur. L’inverse est aussi vrai : un candidat qui paraît moins sympathique au premier abord peut avoir un dossier financier irréprochable et des références excellentes. Traitez la sélection comme une décision d’affaires.

Si vous hésitez entre deux candidats aux dossiers comparables, la stabilité professionnelle et la durée probable de séjour sont des critères pertinents. Un locataire qui vient d’obtenir un poste permanent dans votre secteur a davantage de raisons de rester longtemps qu’un étudiant en fin de programme.

Conclusion

La sélection locative est l’étape la plus importante de toute votre gestion. Elle conditionne vos revenus, votre tranquillité d’esprit et l’état de votre bien pour les mois ou les années à venir. Prenez le temps de bien faire les vérifications. Une semaine supplémentaire pour trouver le bon locataire est presque toujours moins coûteuse qu’un an de mauvaise relation locative.

S.

Le conseil de Sam

Outils disponibles dans ce guide : Fiche de candidature locataire · Checklist sélection locataire conforme · Simulateur solvabilité locataire

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